politique publique et économie

Les régimes de retraite d’entreprise doivent être envisagés comme des partenariats


Pour certains Canadiens, la récession s’est traduite par la perte d’un bon emploi tard en carrière, et les perspectives de replacement sont plutôt sombres. Mais le coup de grâce pourrait leur être porté s’ils découvrent que le régime d’entreprise qui devait leur assurer une retraite confortable n’est pas suffisamment capitalisé et ne pourra pas répondre à leurs attentes.

« On nous a toujours dit que notre régime était solide; il était surveillé par l’État. Personne [dans l’usine] n’aurait pu imaginer qu’il était sous-capitalisé à ce point », a indiqué au Toronto Star, en décembre de l’année dernière, Nelson Ellsworth, 49 ans, travailleur licencié de l’aciérie Atlas Specialty Steels de Welland, en Ontario. La situation difficile dans laquelle il se trouve et sa surprise n’ont rien d’exceptionnel.

Des recherches menées par CGA-Canada et différents organismes ont révélé que nombre de régimes de retraite à prestations déterminées sont sous-capitalisés, et la récession a mis en lumière l’importance de cette question. Pourtant, une capitalisation différente des régimes privés aurait peut-être permis d’éviter complètement cette situation.

Plus tôt cette année, CGA-Canada a proposé un autre modèle de capitalisation des régimes de retraite privés. Ce modèle repose sur la notion d’entente de partenariat entre employeur et employés, en vertu de laquelle les deux parties contribuent au bien-être des bénéficiaires d’un régime. Il se fonde sur l’idée qu’il faudrait considérer les prestations de retraite comme une rémunération différée due au travailleur, légitimement et par contrat, et qu’il faudrait les gérer et les préserver dans cette seule perspective — une conclusion à laquelle en était venue CGA-Canada dans le cadre de ses recherches antérieures sur les régimes de retraite. Dans cette optique, la conception et l’administration des régimes devraient être modifiées afin d’obliger les promoteurs de régimes à verser à la même fréquence des cotisations équivalentes à celles versées par les employés ou les participants.

Un élément clé de ce modèle est la reconnaissance du fait que les entreprises ou les divisions ont une durée de vie déterminée. De ce fait, la liquidation ultime du régime doit être prévue lors de l’élaboration de celui-ci. Les excédents doivent être répartis également entre les participants et le promoteur, car l’excédent total du régime est le fruit des cotisations versées par les deux parties. La « propriété » des excédents constitue l’un des aspects les plus controversés des régimes à prestations déterminées.

On débat peu la question des déficits des régimes; on estime que ces régimes sont la responsabilité de l’employeur, et cela ne changerait pas en vertu du modèle de CGA-Canada. C’est l'employeur en effet qui s’engage à offrir des prestations de retraite aux participants, dans le but d’attirer et de retenir les employés talentueux nécessaires à la croissance de son entreprise dans un contexte de concurrence, et c’est lui qui contrôle et gère le régime. Il arrive que le contrôle soit exercé conjointement, à parts égales, par l’employeur et les participants; dans ce cas, les déficits seraient aussi répartis également.

Concrètement, l’idée selon laquelle deux partenaires cotisent également au régime de façon continue pourrait ne pas être toujours réaliste ou pratique. La situation économique peut amener l’un des partenaires à prendre des « congés » de cotisation ou à faire des retraits à même les excédents. En vertu du modèle de capitalisation proposé par CGA-Canada, la valeur temporelle de l’argent doit être prise en compte pour déterminer de quelle façon les excédents doivent être répartis dans ce type de situation.

Un autre avantage de ce modèle réside dans le fait que celui-ci permettrait d’établir le coût véritable de la capitalisation d’un régime de retraite à prestations déterminées, ce qui contribuerait à la fiabilité des comparaisons avec le coût des régimes à cotisations déterminées.

CGA-Canada a proposé son modèle de capitalisation dans les commentaires qu’elle a adressés au ministère des Finances par suite de la publication du document de consultation intitulé Renforcer le cadre législatif et réglementaire des régimes de retraite privés assujettis à la Loi de 1985 sur les normes de prestation de pension. On s’attend à ce que les points de vue exprimés se traduisent par des modifications législatives avant la fin de l’année. La position de CGA-Canada est présentée sur le site Web du ministère des Finances. L’édition de septembre-octobre 2009 de CGA Magazine contient une explication de la manière dont la valeur temporelle de l’argent pourrait être appliquée au calcul des excédents (dans l’encadré intitulé Modèle de financement proposé par CGA-Canada).

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